Intel se joint à la folie terafab de musk : un pari risqué ?

Elon Musk, jamais content, vient de pimenter sa quête d'indépendance technologique. Intel, le géant des semi-conducteurs autrefois incontournable, a annoncé qu’il s’associe au projet Terafab, l’ambitieux programme de fabrication de puces de Tesla, SpaceX et xAI. Un coup de fouet inattendu, qui pourrait bien redéfinir les règles du jeu dans la course à la puissance de calcul.

Une restructuration technologique cruciale

Une restructuration technologique cruciale

L'annonce, faite via X, plateforme de Musk, se présente comme une “restructuration” de la technologie Terafab, une étape déterminante pour Musk. Il doit impérativement démontrer que ses puces surpassent leurs concurrents en termes de puissance et de fiabilité. Le pari est colossal : Terafab vise à produire annuellement pas moins de 1 teravatio de capacité de calcul, une somme vertigineuse qui pourrait bouleverser les équilibres du marché.

Tesla conçoit déjà ses propres puces, mais la fabrication a toujours été un point faible pour les entreprises de Musk. L'objectif est clair : rivaliser avec Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC), le leader incontesté du secteur. Le PDG de Tesla et SpaceX avait d'ailleurs annoncé en mars que Terafab serait implanté à Austin, au Texas, et géré conjointement par les deux sociétés.

Mais Intel, qu’est-ce qui l’anime dans cette aventure ? L'opération s'inscrit dans une stratégie de relance pour le fabricant de puces, dont le nouveau PDG, LipBu Tan, tente désespérément de redresser la barre après des années de déclin. La perte de son avantage technologique, autrefois un pilier de son succès, a considérablement affaibli sa position. Tan a déjà mis en œuvre des mesures drastiques, réduisant les effectifs et les dépenses, tout en attirant des investissements clés de la part du gouvernement américain, de Nvidia et du SoftBank Group.

La récente décision de Intel de racheter 50% de son usine en Irlande, vendue précédemment à Apollo Global Management pour 14,2 milliards de dollars, témoigne d'une confiance retrouvée. Un signal fort envoyé au marché, qui n’a pas tardé à réagir : les actions d’Intel ont bondi de 4,9% dès l'ouverture de la bourse à New York, avant de modérer leurs gains.

L'enjeu est donc double : pour Musk, Terafab représente l'opportunité de maîtriser l'intégralité de sa chaîne de production et de s'émanciper des fournisseurs. Pour Intel, c'est un pari risqué, mais potentiellement lucratif, pour se relancer dans une compétition féroce. La question qui demeure est de savoir si cette alliance improbable permettra à Musk de concrétiser son rêve d’une puissance de calcul illimitée, et si Intel parviendra à retrouver sa place de leader sur le marché des semi-conducteurs. Le temps nous le dira.

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