L'enfant espagnol en crise : le ces alerte sur une fracture structurelle
L'Espagne, fierté de l'Union Européenne, se confronte à une réalité alarmante : la pauvreté infantile, un problème qui ne cesse de la placer en tête du classement européen.
Une crise profonde, un appel à l'action
Le Conseil Économique et Social (CES) dénonce avec véhémence cette « lacune » inacceptable, soulignant l'impact négatif sur le capital humain et la compétitivité du pays. La prévalence de la précarité enfantine, atteignant un chiffre effrayant – 1 enfant sur 3 – est une urgence à traiter avec détermination.
L'organisme, regroupant patronales et syndicats, propose une solution radicale : une prestation universelle par enfant, de 200 euros par mois, accessible à toutes les familles, indépendamment de leurs revenus. Une proposition audacieuse, héritée des réflexions de Yolanda Díaz, qui vise à corriger un système fragmenté et inefficace.

Des réformes multiples pour une solution durable
Le CES ne se contente pas de cette allocation. Il plaide pour des réformes structurelles, notamment la mise en place d'une aide au minimum de 3 ans, en phase avec les pratiques de nombreux pays voisins. L’objectif est de garantir une protection adéquate dès le plus jeune âge.
Les chiffres sont éloquents : 63 milliards d'euros d'économies perdues chaque année, soit 5,1% du PIB, en raison des conséquences sociales et économiques de la pauvreté infantile. Un coût colossal pour l'Espagne.

Un système fragmenté, une solution universelle
L'instance souligne également la nécessité de rendre remboursable le minimum par enfant dans l'Impôt sur le Revenu (IRPF), et de redéfinir le Caisse d'Allocations Familiales (CAF), en doublant les montants et en ciblant les plus jeunes (6 à 17 ans). La simplification et l'unification des aides sont des priorités absolues.
Face à l'échec persistant du Revenu Minimum Vital à toucher les familles les plus démunies, le CES privilégie une approche universelle, plus efficace et moins administrativement lourde. La proposition du gouvernement, d'une aide de 200 euros par mois, est jugée trop limitée et trop tardive.

Un appel à l'inclusion
Antón Costas, président du CES, insiste sur l'urgence d'un changement de cap. « L'Espagne ne peut se permettre de maintenir des taux de pauvreté infantile aussi élevés dans un contexte de croissance économique », déclare-t-il. Il est temps de transformer la croissance en inclusion, pour bâtir un avenir plus juste et plus prospère pour tous les enfants espagnols.