Anthropic : une ruée frénétique pour des actions, un milliard de valorisation en jeu
Une fièvre spéculative s'est emparée des marchés financiers autour d'Anthropic, la startup d'intelligence artificielle rivale de OpenAI. Un scénario inhabituel se dessine : le milliardaire technologique Storm Duncan, à la recherche d'une opportunité, offre 4,8 millions de dollars pour acquérir des actions de la jeune pousse.

Le pari audacieux d'un collectionneur d'opportunités
Selon Business Insider, cette offre, rendue publique cette semaine, intervient alors que la valorisation d'Anthropic frôle le milliard de dollars, alimentée par un investissement massif et l'attrait de Claude Code, son assistant de codage basé sur l'IA. Storm Duncan, via son fonds d'investissement Ignatious, ne se contente pas d'observer la situation. Il cherche activement à s'y impliquer.
Duncan, basé à Jackson Hole, Wyoming, dispose d'autres biens immobiliers, mais a choisi de vendre sa propriété de Mill Valley, avec vue sur San Francisco, pour attirer l'attention des employés d'Anthropic. Cette demeure de 13 acres, entièrement meublée et dotée d'une piscine à débordement, se trouve à seulement 20 minutes des bureaux de la startup.
« Il faut mettre un ver de poisson dans l'hameçon », a déclaré Duncan à Business Insider. « Sinon, on ne peut pas pêcher. » Cette démarche, loin d'être conventionnelle, vise à inciter les employés possédant des actions non encore disponibles sur le marché secondaire à les vendre. Duncan a déjà reçu de nombreuses offres, provenant à la fois d'employés et d'investisseurs précoces.
Bien que certains analystes considèrent cette opération comme un simple coup marketing, Duncan insiste sur sa sincérité et son intérêt réel. « Anthropic ne prend pas le temps de s'adresser à des investisseurs comme moi », explique-t-il. « Ils cherchent des acteurs capables de décaisser des sommes importantes. »
L'histoire d'Anthropic rappelle les excès de la « dot-com bubble » de 2005, lorsque l'artiste David Choe a choisi des actions de Facebook plutôt que 60 000 dollars en espèces, une décision qui lui a permis de réaliser un profit estimé à 200 millions de dollars à l'IPO de Facebook. À l'époque, certains propriétaires de biens immobiliers exigeaient des actions de startups en échange de location d'espace à San Francisco.
Si la valorisation d'Anthropic dépasse déjà celle d'OpenAI, la startup s'appuie sur des partenariats avec des géants comme Apple et Amazon pour tester des modèles d'IA avancés. Duncan est convaincu que Claude Code permettra à son entreprise de tripler sa production et de réduire ses coûts de 50%. Il souligne la difficulté pour les employés de San Francisco, même bien rémunérés, de se constituer un patrimoine important en raison de la illiquidité de leurs actions.
Cette tendance à la spéculation sur les marchés secondaires révèle une tension latente : la rareté des actions disponibles et les frais souvent élevés associés aux transactions. Il est donc crucial de rester vigilant face aux opportunités qui se présentent.