Crise énergétique : l'espagne à la dérive face à la flambée des prix

Le litre de diesel a franchi la barre des 1,70€ en Espagne, une escalade fulgurante qui intervient à peine deux semaines après les tensions régionales au Moyen-Orient. Un choc énergétique qui frappe durement les automobilistes, alors que le gouvernement espagnol semble étrangement passif, privilégiant des déclarations grandiloquentes à des mesures concrètes.

L'inaction face à l'urgence

Le contraste est saisissant : alors que les prix s'envolent, atteignant presque 2€ dans les stations premium et dépassant ce seuil aux frontières avec le Portugal et la France, le gouvernement de Pedro Sánchez affiche une "tranquillité" déconcertante. L'écho des attaques américano-israéliennes sur l'Iran s'est propagé à travers le Golfe Persique, exacerbant les craintes sur l'approvisionnement énergétique. Mais à Madrid, on semble préférer l'attentisme, une stratégie qui s'avère désastreuse, surtout à l'heure où le pouvoir d'achat des citoyens s'érode inexorablement.

Un analyste d'ING l'a souligné avec justesse : la perte de confiance du consommateur est un dommage irréparable. Les carburants ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Le gaz, l'électricité et certains produits de consommation courante sont également touchés, rappelant amèrement les crises passées. La posture du "attendre et voir" est une erreur stratégique, une lenteur criante alors qu'une action audacieuse s'imposait.

Il est facile d'entendre des déclarations pacifistes comme "la meilleure mesure est le 'non à la guerre'", prononcées par la porte-parole Elma Saiz. Ou de se perdre dans le lancement d'outils digitaux comme "Hodio", censé mesurer la haine en ligne. Mais ces initiatives se révèlent totalement inefficaces face à la réalité du terrain : elles ne fournissent pas d'essence, ni de réductions au supermarché.

Le plus inquiétant est peut-être l'opportunisme politique qui semble guider l'action gouvernementale. Chercher le protagonisme ou des avantages électoraux au détriment d'un conflit géopolitique à des milliers de kilomètres est une faute impardonnable, surtout lorsque des troupes espagnoles sont déployées dans des zones à risque, comme au Liban et à Chypre.

Mais ce qui fâche le plus, c'est la position d'affrontement avec les États-Unis, devenu le premier fournisseur énergétique de l'Espagne. Face à un incendie de l'approvisionnement que seuls Washington et Moscou peuvent maîtriser, s'aliéner son allié énergétique majeur relève de l'irresponsabilité.

Un remède d

Un remède d'urgence

Pour éviter de répéter les erreurs de 2022, suite à l'invasion russe de l'Ukraine, Sánchez et ses ministres doivent adopter une approche chirurgicale plutôt qu'une approche globale. Il est temps de déployer un véritable bouclier protecteur pour les autonomes, les entreprises de transport et les acteurs du secteur primaire (agriculture, élevage, pêche), fragilisés par l'inflation galopante.

Il ne s'agit pas seulement d'atténuer l'impact de la hausse des prix, mais aussi de freiner la consommation. L'Espagne, pays 100% dépendant de l'énergie fossile importée, doit impérativement réduire sa dépendance. Moncloa, qui clamait cette semaine la plus grande autonomie grâce aux énergies renouvelables, doit prouver que ces affirmations ne sont pas de vains espoirs.

Le 17 ou 18 mars, Moncloa devra annoncer des mesures urgentes. Et la priorité absolue doit être de contenir l'inflation, même si cela implique un sacrifice pour les recettes fiscales en forte augmentation.

L'inaction d'aujourd'hui se traduira par des factures encore plus salées demain. Le gouvernement espagnol doit réagir, et vite, avant que la situation ne devienne ingérable.