Devdroid: les robots ukrainiens redéfinissent la guerre
Sur les champs de bataille d'Ukraine, une nouvelle ère s'annonce : celle des robots autonomes. L'entreprise DevDroid, venue de ce pays en guerre, a présenté à Eurosatory, le salon de la défense à Paris, non pas des prototypes, mais des systèmes opérationnels, déjà éprouvés dans les pires conditions.
Un premier pour la robotique militaire : la destruction d'un blindé
Oubliez les démonstrations technologiques. DevDroid a mis en avant deux systèmes terrestres non-tripulés armés, le TW 12.7 et le Droid NW 40, actuellement déployés par les forces ukrainiennes. Le TW 12.7 s'est illustré en devenant le premier robot terrestre à détruire, et ce de manière documentée, un véhicule blindé ennemi. Un exploit qui souligne l'évolution rapide de la guerre robotisée.
Ces systèmes ne se limitent pas à la destruction. Ils permettent de maintenir des positions pendant des périodes prolongées, jusqu'à 45 jours sans présence humaine, offrant un soutien crucial aux opérations d'assaut et une puissance de feu de précision aux troupes en mission. Mais la mission la plus saisissante, rapportée par la société, reste la reddition d'un groupe de soldats russes devant un Droid NW 40, sans aucun contact direct avec les forces ukrainiennes. Le protocole a été respecté, la menace a été neutralisée, et les soldats russes, confrontés à une présence robotique implacable, ont préféré capituler.

Technologie et contrôle : le cœur de l'efficacité
Le Droid TW 12.7, équipé d'une station d'armes de 12,7 mm, est conçu pour une variété de missions : soutien feu, patrouilles, maintien de positions et engagement de personnel et de matériel ennemis. Le Droid NW 40, quant à lui, intègre un lance-grenades automatique de 40 mm, étendant la capacité d'une unité à mener des opérations à distance tout en conservant une puissance de feu significative. Tous deux fonctionnent via la Droid Box, un système de contrôle universel développé par DevDroid, qui assure une communication fiable, un contrôle de mission complet et une détection de cibles assistée par l'IA.
Yuriy Poritskiy, PDG de DevDroid, résume l'approche de son entreprise : « En Eurosatory, nous ne présentons pas des concepts expérimentaux, mais des systèmes qui ont déjà prouvé leur efficacité sur le champ de bataille. L'Ukraine est en train de forger une nouvelle approche bélique, où les robots s'occupent des tâches les plus périlleuses, tout en protégeant les hommes. » Le message est clair : l'avenir de la guerre ne se fera pas sans machines, et DevDroid semble déterminer à en être l'un des acteurs majeurs.
Au-delà de la démonstration de force, l'arrivée de ces robots soulève des questions éthiques et stratégiques. L'automatisation de la guerre, même partielle, modifie profondément les équilibres et les règles du jeu. Le succès de DevDroid à Eurosatory pourrait bien accélérer l'adoption de ces technologies par d'autres nations, transformant à jamais le paysage géopolitique.