Espagne : le gouvernement cible les marchés de prédiction polymarket et kalshi
Le ministère de la Transition Économique a pris des mesures énergiques contre les plateformes de prédiction Polymarket et Kalshi, les accusant d’opérer illégalement en France. Un signal fort que l’État veut donner sur la régulation des nouvelles technologies.
Un nouveau front pour la réglementation des paris algorithmiques
Le gouvernement Sánchez a officiellement ouvert une procédure d’astreinte contre ces deux acteurs, pointant du doigt une absence de licence administrative. La Direction Générale du Jeu et des Aliénations (DGOJ) a ordonné le blocage immédiat de leurs sites web, une décision qui souligne la volonté de Bruxelles de contrôler ce secteur en pleine expansion.

Marchés de prédiction : un pari risqué ?
Ces plateformes, comme d’autres, fonctionnent comme des marchés où les utilisateurs achètent et vendent des parts basées sur la probabilité de futurs événements - des élections aux décisions économiques, en passant par les scores sportifs. Il s’agit d’une forme d’enchère, une sorte de paris croisés, où les prix se forment en temps réel, reflétant les estimations collectives.
Mais le ministère met en garde : ces systèmes, qualifiés de « jeux d’azar » par la DGOJ, nécessitent une autorisation spécifique. L’absence de cette licence expose les opérateurs à des risques importants, notamment en termes de sécurité des données et de protection des utilisateurs, en particulier les mineurs.

Un délai de 3 à 4 mois pour une clarification
Le processus d’enquête devrait durer entre trois et quatre mois. Les tentatives de notification directe aux entreprises à l’étranger n’ont pas abouti. Cela suggère une volonté de faire pression et de démontrer la fermeté de l’État.
La france, à la pointe d’une régulation naissante
Cette action représente un premier pas significatif pour la France dans la régulation de ces marchés de prédiction, un domaine qui attire de plus en plus d'investissements et suscite des interrogations quant aux risques liés à la manipulation des probabilités. L’exemple espagnol pourrait bien influencer les autres juridictions européennes, qui se penchent également sur la légalité de ces nouveaux outils financiers et spéculatifs. L’enjeu dépasse largement les simples paris : il s’agit de la transparence du marché et de la protection des investisseurs.