Espagnols : une frontière de 85 mètres, un enjeu territorial majeur
Un promontoire rocheux, le Peñón de Vélez de la Gomera, confine désormais entre l’Espagne et le Maroc sur une distance vertigineuse de seulement 85 mètres. Une corde bleue trace la ligne de démarcation sur la plage de Badis, un symbole de la tension persistante entre les deux pays.
Un héritage centenaire et une occupation constante
Ce minuscule territoire, à peine 0,019 kilomètres carrés, est le théâtre d’une lutte territoriale qui dure depuis des siècles. Initialement une île conquise par l’Espagne en 1508 sous le règne de Charles Quint, le Peñón a été plusieurs fois contesté et reconquis par les troupes marocaines, avant de retrouver sa souveraineté espagnole en 1564, sous Philippe II. Depuis, il est régulièrement gardé par les troupes espagnoles, malgré les provocations des populations marocaines.
La situation est complexe. En 1921, la France, via la protectorat en Maroc, a intensifié la présence militaire espagnole sur le promontoire, inquiète de l'influence croissante de Madrid dans la région. Les habitants, autrefois jusqu’à un millier d'âmes, vivaient une vie simple, marquée par les épidémies et les difficultés d'approvisionnement. Aujourd'hui, le promontoire dépend de la Capitainerie maritime de Melilla, et est protégé par le 52ème groupe de Réguliers, unité décorée de l’armée espagnole.

Une position stratégique et des défis logistiques
Situé à mi-chemin entre Ceuta et Melilla, le Peñón est un carrefour géostratégique. Les militaires espagnols y sont constamment en alerte, avec des patrouilles aériennes et des unités de combat en état d'alerte, notamment grâce à l'intervention des F-18 et Eurofighter basés sur le continent.
Malgré sa taille, le promontoire pose des défis logistiques considérables. Il manque d'eau potable et d'arbres, l'eau étant acheminée depuis Málaga, tandis que d'autres ressources sont transportées par hélicoptère depuis la péninsule. Cette dépendance souligne l'isolement de ce territoire et la nécessité d'investissements continus.

Une frontière fragile, un enjeu de sécurité
En 2012, une tentative de prise de contrôle du promontoire par des habitants marocains a été repoussée par les troupes espagnoles. La situation reste tendue, avec des incidents récurrents et une présence militaire constante. La protection de ce minuscule territoire, symbole de la revendication territoriale espagnole, est aujourd’hui assurée par les Réguliers de Melilla, une unité d'élite de l'armée espagnole, qui témoignent de leur dévouement: