Euro-office : la ue se prend à la fausse note de la souveraineté numérique

L’Union Européenne, mue par une volonté d’indépendance technologique, s’était lancée dans le projet ambitieux d’Euro-Office, une suite bureautique open source destinée à concurrencer les géants américains comme Microsoft et Google. Une chimère, semble-t-il, car le projet rencontre désormais des obstacles majeurs.

Un plagiat contesté et une dépendance inattendue

OnlyOffice, un autre acteur du logiciel open source, a d’ores et déjà dénoncé une violation de copyright. Selon eux, Euro-Office aurait utilisé son code sans autorisation, un coup de blow qui remet en question l’intégrité du projet. Mais le bât blesse : une dépendance inattendue envers Microsoft vient ternir cette image de rupture. La Commission Européenne, déjà en croisade contre Huawei, se retrouve face à un paradoxe flagrant.

Euro-Office, qui devait incarner la fierté d’une Europe numérique autonome, s’avère en réalité lié au format des documents OOXML, développé et contrôlé en exclusivité par Redmond. Un cercle vicieux qui anéantit toute ambition de souveraineté. Italo Vignoli, co-fondateur de The Document Foundation, pointe du doigt le manque d'originalité du projet, soulignant que des suites bureautiques open source similaires ont précédé Euro-Office, notamment OpenOffice et LibreOffice.

Libreoffice, le scepticisme au rendez-vous

Libreoffice, le scepticisme au rendez-vous

La polémique ne s’arrête pas là. LibreOffice, lui aussi, se montre sceptique, accusant l’équipe d’Euro-Office de tromper ses utilisateurs. Le logiciel européen, affole les défauts de conception et compromet la crédibilité de la mission « souveraineté numérique » de la UE.

La Commission Européenne a d’ailleurs recommandé de bloquer l'accès de Huawei à certains marchés. Cette initiative, déjà controversée, prend une tournure ironique : la UE, dans sa quête d'autonomie, risque de renforcer la domination des États-Unis sur le marché du logiciel. Il est clair que, pour l'instant, Euro-Office ne fait qu’amplifier la dépendance européenne à Microsoft, une stratégie qui, d’une manière ou d’une autre, confirme la stratégie de Redmond. Un échec cuisant, et une leçon amère pour l'Europe.