Ia: la soif vorace de batéries menace l'électronique grand public
Panasonic, le fleuron japonais des batteries, vient d'annoncer une réallocation massive de sa production : 80% de ses batteries seront désormais dédiées aux centres de données d'intelligence artificielle déjà en 2026. Une décision qui laisse le reste du monde, des constructeurs automobiles aux consommateurs, sur sa faim, et qui pourrait bien déclencher une crise de l'offre.
L'ia aspire à une puissance électrique sans précédent
Le phénomène n'est pas nouveau. On l'a observé avec la RAM, les SSD et les disques durs : la course à l'IA engloutit les ressources, au détriment des autres secteurs. Mais l'annonce de Panasonic marque une escalade. Les centres de données, ces cathedrales du calcul, sont désormais désireux d'une alimentation de secours fiable face aux coupures de courant, aux baisses de tension ou aux pics de consommation. Une espèce d'assurance-vie électronique qui requiert une quantité croissante de batteries.
Panasonic, qui fournit déjá Tesla et d'autres geants de l'automobile, se réorganise en profondeur. Il ambitionne de tripler sa production de batteries au lithium-ion au Japon, en adaptant des lignes de production automobile. Et ce n'est pas tout : la société évalue la possibilité de recentrer sa production de l'usine de Kansas, aux États-Unis, sur les batteries pour centres de données. Une cannibalisation des autres marchés, où l'IA paie cash, est donc en marche.
L'impact sur le marché est déjà témoigné : une flambée des prix de la RAM, du stockage et, prochainement, des batteries. Pour les fabricants d’appareils électroniques, la facture s'annonce salée. Les consommateurs, eux, paieront le prix fort.

Vers un réinventaire des supercondensateurs?
Face à cette course à l'armement électrique, Panasonic semble se tourner vers l'avenir. Le groupe envisage d'accélérer le développement des supercondensateurs, capables de stocker et de décharger l'énergie plus rapidement que les batteries. Une solution à long terme, pour 2029, qui pourrait bien bouleverser le paysage de l'alimentation des centres de données. Mais pour l'instant, la voracité de l'IA continue de se nourrir, et les batteries de Panasonic sont sa proie préférée.
Le déclin des marques japonaises dans l'électronique grand public, symbolisé par l'abandon de la production de téléviseurs, est une autre facette de ce réalignement. La puissance de l'IA est telle qu'elle réduit les autres secteurs à un simple rôle de fournisseurs. On se demande si, derrière le progrès technologique, se cache une forme de cannibalisme industriel.