Le boj maintient ses taux, la spéculation sur une hausse en juin s'intensifie
Le conseil de la Banque du Japon a choisi, hier soir, de laisser ses taux d’intérêt inchangés, une décision qui a provoqué une vague d’hésitation sur les marchés et a, paradoxalement, renforcé le yen.
Divisions croissantes au sein du boj : un signal d'alerte ?
Si la prévision initiale d'une inaction était largement anticipée par les experts, la votation serrée – 6 voix pour, 3 contre – révèle une fracture interne de plus en plus visible au sein du conseil de Kazuo Ueda. Cette division, la plus importante depuis son entrée en poste, suggère une pression grandissante pour une normalisation de la politique monétaire, une dynamique que les marchés semblent déjà prendre en compte.
Le yen a effectivement réagi positivement à l’annonce, atteignant brièvement le seuil de 159 dollars, témoignant d’un regain de confiance, et d’un éloignement significatif des niveaux qui avaient conduit le gouvernement à intervenir il y a deux ans.

Powell démissionne, warsh se présente : le relève en approche
L'annonce de la démission de Powell et l'arrivée de Warsh à la Fed alimentent les spéculations sur la stratégie future de la banque américaine. Le dérèglement à Wall Street s'intensifie, et les investisseurs scrutent attentivement les prochaines boucles de la politique monétaire.
Les probabilités d'une hausse des taux en juin s'élèvent désormais à 74%, selon les indicateurs du marché des swaps, une perspective confortée par les projections de l'inflation, repoussée désormais à la seconde moitié de l'exercice fiscal 2026/2027, une prévision qui évolue vers un horizon de 2028.

Oriente moyen : une menace latente
Le BOJ a souligné la nécessité de surveiller de près l'évolution de la situation en Orient Moyen et les fluctuations des prix du pétrole, en raison des conséquences potentiellement destabilisatrices des tensions géopolitiques sur les marchés financiers japonais. La guerre en Iran, exacerbée par les ambitions du président Trump, a déjà entravé les anticipations d'une remontée des taux, et les opérateurs attendent désormais avec anxiété les déclarations du gouverneur Ueda lors de sa conférence de presse de 15h30.
L'atmosphère reste tendue, marquée par la confusion et le scepticisme face aux interventions du président Trump et à la situation en Iran. L'Europe est en repli, l'Ibex subit les conséquences, et le marché pétrolier reste volatil. Le jeu de l'attente est en marche.
Les membres les plus hawkish du conseil, Takata et Tamura, ont ainsi obtenu le soutien de Nakagawa, une figure habituellement alignée sur le consensus, pour voter en faveur d'une hausse des taux. Une position qui révèle une volonté croissante de sortir de la politique monétaire ultra-accommodante héritée de ses prédécesseurs. Un tournant potentiel.

L'avenir, une incertitude palpable
Il est impératif de se souvenir que l'avenir est intrinsèquement incertain. Tout dépendra des signaux que donnera Ueda. L'équation est complexe : maintenir une flexibilité nécessaire pour ajuster la politique monétaire, tout en répondant aux attentes croissantes des marchés et aux préoccupations de l'Exécutif.