Microsoft recule : copilot n'est plus "juste pour le divertissement"

Microsoft a discrètement tenté d'éteindre un feu d'artifice médiatique concernant les conditions d'utilisation de son assistant IA Copilot. Après une vague de critiques sur X (anciennement Twitter), révélant que le logiciel se présentait comme "uniquement à des fins de divertissement", le géant technologique a annoncé qu'il modifierait rapidement son accord d'utilisateur. Un revirement qui souligne la complexité croissante de la gestion de la perception publique autour de l'IA.

Un héritage malvenu des premiers jours de bing

Selon un communiqué de Microsoft, cité par PCMag, la formulation "con fines de entretenimiento" est un reliquat de la période où Copilot était un simple complément de recherche pour Bing. "Ce terme a été hérité du lancement initial de Copilot en tant que service de recherche complémentaire sur Bing," explique un porte-parole. Mais le produit a évolué, et ce langage ne reflète plus sa réalité actuelle. La modification est prévue dans une prochaine mise à jour. L'incident est d'autant plus embarrassant que Satya Nadella, le PDG de Microsoft, vantait récemment la "précision et la faible latence" de Microsoft 365 Copilot lors de la dernière conférence téléphonique sur les résultats de l'entreprise.

L'affaire illustre un problème plus large : la difficulté pour les entreprises technologiques de synchroniser leurs déclarations publiques et leurs conditions d'utilisation. Alors que Microsoft se positionne agressivement comme un leader de l'IA, avec des investissements massifs et des équipes dédiées à Copilot et à la superintelligence, cette contradiction apparente a soulevé des questions sur la confiance que Microsoft accorde à son propre outil.

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D'autres géants de la tech adoptent une approche plus prudente

Il est intéressant de noter que Microsoft n'est pas le seul à naviguer dans ces eaux troubles. OpenAI, Anthropic, xAI et Meta utilisent également des clauses de limitation de responsabilité dans leurs conditions d'utilisation, bien qu'elles soient formulées différemment. OpenAI, par exemple, insiste sur le fait que l'utilisation de ses services se fait "à vos propres risques" et que ses résultats ne doivent pas être considérés comme une source de vérité absolue. xAI, la société d'Elon Musk, va même jusqu'à exiger des utilisateurs qu'ils indemnisent l'entreprise pour toute responsabilité légale découlant de l'utilisation de sa plateforme – une mesure draconienne qui témoigne de la prudence du marché.

Meta, quant à elle, est particulièrement catégorique, interdisant explicitement l'utilisation de ses IA pour obtenir des conseils médicaux, financiers ou juridiques. L'entreprise souligne que ces outils ne doivent pas servir de base à des décisions professionnelles. L'affaire souligne également la complexité juridique de l'IA générative. Des litiges commencent à apparaître, évaluant la responsabilité des entreprises face aux dommages causés par leurs chatbots. Le récent procès contre OpenAI en Californie, impliquant un décès par suicide attribué à GPT-4o, est un exemple frappant des enjeux en jeu.

La précipitation dans l'adoption de l'IA générative est indéniable, mais elle doit s'accompagner d'une réflexion éthique et légale approfondie. Microsoft, en corrigeant cette maladresse, prend une première étape dans la bonne direction.

L'incident révèle surtout que même les géants de la Technologie peinent à maîtriser les implications de leurs propres innovations. La question n'est plus de savoir si l'IA va transformer le monde, mais comment nous allons nous assurer qu'elle le fera de manière responsable et transparente.