Redmagic : scandale de benchmarks – les fabricants manipulent-ils les tests ?
Le monde des smartphones est en ébullition. Une affaire de benchmarks, ces tests de performance qui déchirent le milieu technologique, vient de surgir, et il est loin d’être anodin. Deux modèles RedMagic ont été délistés de la base de données UL Solutions, l’organisme derrière des outils de benchmark reconnus comme 3DMark ou PCMark.
Le mystère des délistages ul
Tout a commencé avec un signalement de NotebookCheck, qui a constaté l’absence des résultats des RedMagic 11 Pro et 11 Pro Plus sur la page officielle de UL. L’organisme a rapidement réagi, confirmant la suppression des données et expliquant que le constructeur “ne respectait pas les règles du benchmark”. Mais quelles sont ces règles, et comment RedMagic a-t-il pu les contourner ?

Les règles inviolables… ou pas ?
Selon UL, les fabricants ne sont pas autorisés à effectuer des optimisations spécifiques pour les benchmarks. Il est interdit de modifier le fonctionnement de la plateforme de test, même pour obtenir un score plus élevé. Cependant, le canal YouTube japonais Saityo a mis au jour une faille troublante : le RedMagic 11 Pro obtenait des résultats nettement supérieurs lors des tests standard, grâce à un système de détection automatique de la présence du benchmark et à une optimisation poussée du matériel.

Redmagic se défend
La marque a d’abord nié toute manipulation, arguant que ses appareils offrent des modes de performance permettant aux utilisateurs d’ajuster les réglages CPU, GPU et thermiques. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. RedMagic a finalement admis que le système de “Diablo Mode”, conçu pour maximiser les performances dans des conditions extrêmes, était en infraction avec les règles UL. Il s’agit d’une optimisation automatique qui ne peut être désactivée par l’utilisateur, ce qui est précisément ce qui a soulevé les objections de l’organisme de certification.
Une question de transparence
L’affaire RedMagic interroge sur la transparence des benchmarks et la pression exercée sur les fabricants pour obtenir les meilleurs scores. Est-il acceptable d’optimiser un smartphone pour un test spécifique, même si cela se traduit par une meilleure expérience utilisateur en conditions réelles ? La réponse n’est pas simple. Si la manipulation est flagrante, elle est inacceptable. Mais si l'optimisation est subtile et bénéfique pour l'utilisateur, la ligne est plus floue. Il est clair que ce scandale met en lumière un problème plus profond : la course aux performances et la nécessité d'une régulation plus stricte des tests de benchmark.
En fin de compte, la délistation des résultats RedMagic est une victoire pour la transparence, mais elle soulève également des questions fondamentales sur l'éthique dans l'industrie technologique.