Wall street : les stratèges ne croient pas à la correction après l'ia
Après neuf semaines d'euphorie technologique alimentée par l'intelligence artificielle, les banques de la place se montrent sur la défensive. Un repli brutal du Nasdaq 100, 4,8%, a mis fin à cette flambée, mais les analystes de Morgan Stanley et Citigroup persistent dans leur optimisme.

Un s&p 500 à 8.000, un optimisme contre-nature
Mike Wilson et Scott Chronert, figures de proue de ces institutions, maintiennent leur objectif de 8.000 points pour le S&P 500 à la fin de l'année. Cette prévision, basée sur des révisions massives à la hausse des bénéfices et des données macroéconomiques encourageantes, s'appuie sur une réalité complexe : les marchés, loin d'être linéaires, rarement s'envolent vers des sommets sans retour. Une correction était, selon eux, non seulement inévitable, mais également saine pour une expansion du marché haussier jusqu'à fin décembre. Il faut comprendre : la volatilité est une constante, pas une anomalie.
L'essor des rendements obligataires, suite à la publication d'un rapport d'emploi américain solide, a exacerbé la peur et entraîné une fuite des actifs risqués. La Fed, sous la pression, pourrait bien intensifier ses assises, ce qui freine le sentiment du risque. La danse des taux est un jeu dangereux, et la Fed a encore des atomes pour pouffer.
L'attention est désormais portée sur la concentration des positions dans les actions de semi-conducteurs et de mémoire. Morgan Stanley anticipe une normalisation progressive, estimant que les secteurs cycliques sont particulièrement bien positionnés pour surperformer. Un pari audacieux, qui nécessitera une observation attentive des indicateurs économiques.
Il convient de rappeler que durant les turbulences liées à la guerre en Iran, Wilson avait affiché sa confiance dans les perspectives de bénéficiaires, une prédiction qui s’est avérée payante. L'histoire, souvent, récompense la lucidité et la capacité à anticiper les renversements de situation.
Citigroup, quant à lui, vise un objectif plus agressif de 8100 pour le S&P 500, offrant un potentiel de hausse de 9,7% par rapport aux clôtures de vendredi. Un chiffre qui témoigne d’une forte conviction, même si les fondamentaux restent à surveiller. Le marché est un terrain glissant, et la prudence est de mise.