Wall street surestimé les ambitions de l'ia : les géants technologiques prévoient des dépenses massives
Les grandes entreprises technologiques, ces « hiperescalaires » comme Microsoft, Amazon, Google et Meta, pourraient bien déjouer les prévisions actuelles du marché concernant l’intelligence artificielle. Goldman Sachs vient d’émettre un rapport alarmant, suggérant que leurs investissements dans ce domaine dépasseront largement les estimations.
Un investissement colossal en perspective
Le rapport, publié mercredi, prévoit que ces mastodontes technologiques pourraient dépenser environ 1,1 trillion de dollars en capital en 2027, une somme bien supérieure aux 920 milliards anticipés par Wall Street. Et l’ambition ne fait que commencer : Goldman Sachs ne recule pas devant la possibilité d’atteindre 1,4 trillion de dollars, une projection déjà optimiste.
Le moteur de cette croissance exponentielle réside dans la demande croissante de puissance de calcul, nécessaire pour entraîner les modèles d’IA. Les analystes prévoient une multiplication par 24 des « tokens » – unités de calcul – d’ici 2030, principalement grâce à l’essor des agents d’IA pour les entreprises.

La demande dépasse les attentes
Cette augmentation de la demande se traduira par une explosion de la capacité de calcul, nécessitant davantage de centres de données, de puces, d’équipements réseau et d’infrastructures énergétiques. Les quatre géants de l’IA semblent déjà conscients de cette réalité, et les chiffres le confirment : le portefeuille de commandes de Google Cloud et Amazon Web Services a doublé en six mois, passant de 358 milliards à 832 milliards de dollars.

Les contraintes physiques se font sentir
Cependant, cette soif d’investissement n’est pas sans entrave. Les coûts des composants, de la mémoire, de l’énergie et de la main-d’œuvre sont en hausse, mettant une pression supplémentaire sur le capital à investir. Goldman Sachs souligne que les projets de centres de données retardés constituent un véritable goulet d’étranglement.

Un retour sur investissement incertain
Si les fournisseurs de services cloud affichent des chiffres impressionnants, il reste à savoir si les entreprises parviennent réellement à transformer ces investissements en gains de productivité mesurables. Seulement 11% des entreprises interrogées par Goldman Sachs ont pu quantifier des bénéfices concrets liés à l’IA, et seulement 54% ont mentionné une amélioration de la productivité. Un chiffre qui laisse planer un doute important.

La réalité dépasse les projections
L’investissement en IA représente déjà 1,5% du PIB américain en 2026, une proportion comparable à celle observée pour des révolutions technologiques antérieures telles que le chemin de fer, l’électrification et l’automobile, qui ont également atteint 2-3% du PIB à leur apogée. Il est donc crucial de ne pas surestimer l’ampleur de ce nouveau tournant.
Conclusion : la finance, pas le frein
Le véritable obstacle n’est pas le manque de fonds, mais les contraintes physiques. La situation est claire : la capacité de mise à disposition est le vrai goulot d’étranglement. Malgré la correction boursière actuelle, les valorisations des entreprises liées à l’IA restent élevées, ce qui pourrait entraîner une volatilité accrue sur les marchés. L'avenir de l'IA dépendra de sa capacité à concrètement impacter la productivité – un défi qui reste à prouver.